Vous n'êtes pas Jésus, ou presque.

Publié le par Lisa Dawn

[...]


°

 

Abbesses - Birdy Nam Nam.

Combien de fois ai-je écouté cet air en un an ?


Du courrier ce matin.

Combien de lettre ai-je écrites en un an ?


Un e-mail du prof de Monde arabe.

Combien d'e-mail ai-je reçus en un an ?


Il est trop difficile de percevoir tous les changements.

Qui, de nous tous, a le moins changé ?

Qui ressemble encore un peu à ce qu'il fut ?


J'ai écouté des morceaux à m'en déchirer les nerfs.

J'ai pensé à des mots à m'en bousiller le sourire.


La machine à laver hurle.

Combien de lessive, combien de vaisselles, combien de serpillères, combien de douches, combien de shampooing, combien de sonneries de téléphone, combien de sacs de courses, combien d'heure à marcher dehors ?

Combien ai-je été seule cette année ? Les six premiers mois ? Les six derniers mois ?

Si peu.



Je ne comprends pas ceux qui ont besoin de solitude.



Il n'y a pas de bilan à tirer, pas de date significative, je ne sais plus ce que je faisais le 19 octobre dernier, parce qu'il n'y a aucune unité dans l'année écoulée, pas même une succession de période. Tout s'enchevêtre. Tout est en vie.

Avec quelques pensées vers la mort, ceci dit, souvent trop concrètement.


Et dans un an ?

Un an ça ne veut rien dire. C'est trop long et ça part en poussière de secondes. C'est trop court pour une vie. Pas assez pour ne pas courir le risque de mourir entre temps.


J'admire ceux qui osent l'écriture automatique, ceux qui osent dire après avoir pensé.

Je ne suis pas assez forte pour tout avouer. Encore trop brindille pour me confronter aux pires difficultés.

Et j'ai si peur d'être trop forte, devenir dure, cynique, sûr de moi. Si peur de réussir et d'en mépriser ceux qui ne sont pas allés jusque-là.

J'ai ce besoin de fuir la facilité, le confortable, persuadée que je ne le mérite pas. Parce que je n'ai rien fait pour tant de bien. Et ce n'est pas une bonne raison. On ne sauve pas les autres pour se punir de n'avoir pas besoin d'aide.


Vous n'êtes pas Jésus.


Heureusement, il y a les larmes. Pour rester humain, pour mesurer la distance entre l'idéal et la réalité, pour reconnaître qu'on n'a rien vu, rien dit, rien fait. Il y a les larmes pour s'en vouloir, pour s'abandonner, pour s'aimer.


J'aime te faire rire.


Je ne comprends pas ceux qui aiment la solitude, parce que je suis plus vivante à deux.


Combien ai-je aimé cette année ?

Tellement, oh tellement plus fort et plus grand qu'auparavant.

 

 


There's a world outside
And i know 'cause i've heard talk
In my sweetest dream
I would go out for a walk

But i don't think i'm ready yet

[Not ready yet - Eels]


Ou presque. °


[...]


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Publié dans Presque explicite

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B
<br /> Bon, j'ai relu mon commentaire, et j'exagère. Je ne m'imagine pas sans arrêt "contraint" par le regard d'autrui. Je ne suis pas un être handicapé et rempli d'anxiété dès qu'il y a des gens autour<br /> de moi… Mais si j'ai pris l'exemple de la colocation c'est parce qu'en l'occurrence c'est bien mon ressenti. Je ne veux pas raconter ma vie mais… Mais, ouais, le fait de vivre au quotidien avec des<br /> gens qui ne sont pas de ma famille, ça me laisse… perplexe ? Je ne sais pas quel est le bon adjectif. Mais, sans que je puisse véritablement dire pourquoi, ce n'est pas si facile que ça pour moi<br /> d'être en coloc, vraiment pas en fait… Ça se passe bien, et je ne préférerai pas forcément vivre seul, mais voilà, c'est pas si simple…<br /> Par contre, quand je suis à l'école ou même en règles générales, évidemment qu'au fond je ne suis pas préoccupé par le regard des autres… A la rigueur, il y a quand même la question de la<br /> sociabilité, qui n'est pas si simple non plus, mais je ne peux pas dire que les gens me font peur et m'handicapent d'une façon ou d'une autre, certainement pas !<br /> Donc voilà, ta réponse à mon commentaire m'a fait réaliser que j'avais exprimé les choses de façon trop générale… Même s'il y a un soupçon de vérité, surtout pour certains contextes.<br /> <br /> <br />
Répondre
L
<br /> <br /> ° C'est vrai que la colocation, ça peut être un peu délicat, parce qu'on vit avec presque la même intimité qu'en famille, sauf qu'on n'a pas grandi avec ses colocs.<br /> Cat vit en coloc et quand je vais chez lui, ça me fait un peu bizarre de manger dans la chambre d'un autre [c'est une pièce salle à manger/chambre] et de les voir + souvent que mes "vrais" amis<br /> [même s'ils sont très sympas]. °<br /> <br /> <br /> <br />
B
<br /> désormais, je vais t'appeler ma brindille :)<br /> et oui, on vit mieux à deux, n'est net.<br /> <br /> <br />
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P
<br /> J'ai rien à dire, j'aime juste ce que tu écris, les mots que tu emploies et la force que tu leur donnes. C'tout.<br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> ° =). °<br /> <br /> <br /> <br />
B
<br /> A propos du besoin de solitude :<br /> je comprends que tu puisses ne pas le comprendre, quelque-part…<br /> En effet, l'affaire est complexe. Je tiens certainement un paradoxe dans ce besoin, ou alors c'est juste une question de complémentarité, d'équilibre.<br /> En effet, j'ai réellement besoin de solitude, mais cependant c'est les moments que je PARTAGE qui seront les plus précieux, et qui resteront le plus dans ma mémoire. Mais c'est complexe car la<br /> présence d'autrui reste plus au moins une sorte de difficulté… L'autre incarne plus ou moins un jugement sur toi, qui est plus ou moins un poids à subir. Je vis en colocation, et je sens bien que<br /> je peux agacer mes colocs à être tellement ramollo et hésitant sur tout… Je sens que je suis agaçant à être tel que je suis, tel que je parais. Quand je suis seul, je me sens tranquille et libre,<br /> je n'ai pas besoin de me dire que je devrai me conduire comme ci ou comme ça, je ne suis pas en train de me dire que la personne doit me trouver ceci ou cela… Pour moi la solitude, c'est une<br /> bouffée d'oxygène, une respiration, un peu comme le dauphin après une heure d'apnée.<br /> Mais là où ça se complique (et où je peux peut-être comprendre que tu ne peux pas comprendre ce besoin), c'est que les autres aussi, sont également un besoin : un AUTRE besoin. Ils donnent une<br /> saveur aux choses, aux événements. La vie sans personne serait ennuyeuse. Et parfois je passe du très bon temps avec mes colocs, pour reprendre cet exemple. Et puis, surtout, c'est les autres qui<br /> sont capables de rendre certains instants précieux. C'est même eux qui peuvent DONNER SENS à des choses.<br /> Ma vision du bonheur n'est pas une vision de solitude. Je ne passerai Noël seul pour rien au monde. La solitude est importante, mais l'entourage donne sens…<br /> La prépa que j'ai fait l'année dernière n'aurait aucune valeur sans les gens qui m'y ont accompagné. Etc.<br /> Tout ça pour dire qu'il y a besoin de solitude et besoin de solitude. Je ne veux pas être Robinson Crusoé… Et les gens qui le souhaitent ne sont pas forcément des gens épanouis.<br /> <br /> <br />
Répondre
L
<br /> <br /> ° Peut-être que ce besoin de solitude ne vient pas des autres, mais de toi. Est-ce que ce n'est pas toi qui t'imagine qu'on te juge ?<br /> Je comprends que tu aies besoin d'être seul si tu t'imagines toujours sous le regard de l'autre quand tu n'es pas seul. Mais si tu as l'impression qu'être seul, c'est pouvoir respirer, c'est que<br /> tu es trop dur avec toi. Enfin là je te balance ça comme ça, c'est peut-être un peu exagéré, mais est-ce que toi tu passes ton temps à te demander si ce que font les autres, c'est bien, c'est<br /> normal, c'est marrant, c'est formidable ? Je ne crois pas. On n'est pas tout le temps en train de se juger les uns les autres. Et on est souvent + "dérangeant" quand on est obsédé par le regard<br /> des autres (parce qu'on ne parle pas, on ne se laisse pas aller, etc).<br /> <br /> Alors je ne dis pas qu'on peut se laisser aller à faire tout ce qu'on veut devant tout le monde sans se soucier de leur regard. Mais se permettre de faire des choses, sans être sûr que l'autre<br /> les approuvera, c'est être soi. Et ce qui est vraiment formidable, c'est quand on arrive à être pleinement soi en présence de quelqu'un d'autre, une personne privilégiée en qui on a confiance,<br /> devant qui on agit comme on agirait seul. C'est de ça que je parlais dans cet article (en moins explicite).<br /> <br /> Bon, je dis tout ça, c'est mon avis très personnel, et le besoin d'être tout le temps en présence d'un autre est tout aussi pathologique (il faut bien admettre qu'on a tous une part de folie en<br /> nous). °<br /> <br /> <br /> <br />
P
<br /> Le 19 octobre dernier, tu fêtais inconsciemment mon anniversaire. Parce que t'es une fille bien.<br /> <br /> <br />
Répondre
L
<br /> <br /> ° C'est donc ça. Je savais pourtant bien qu'il m'était arrivé un truc incroyable ce jour-là ! =) °<br /> <br /> <br /> <br />