Habeas corpus, ou presque.
[...]
° Je sais pas t'aimer.
Il doit manquer ça dans mon éducation, c'est peut-être une histoire de religion, peut-être qu'on a donné trop de place aux idées.
Peut-être juste une histoire de temps.
Alors je te laisse pas dormir, pour gagner des heures.
Je t'habille pas toujours assez chaud, c'est long d'assortir plusieurs couches.
Je te donne pas toujours assez à manger, des quatres étapes il n'en reste plus que deux.
Je te pince, je t'arrache tes imperfections avec les ongles, les traitements mettent des semaines avant d'agir.
Je t'écoute pas quand tu te plains, quand tu dis que ça fait mal, c'est pas en ralentissant que ce sera moins douloureux.
Je te soigne le moins possible, quand ça peut vraiment pas passer tout seul, quand je risque de passer une journée au lit.
Je te force à faire des trucs sans que t'en retires aucun plaisir, juste pour savoir ce que ça fait, ajouter ça à ma liste des choses accomplies avant de mourir.
[De cendres et de terre]
C'est ta faute si on n'est pas éternels.
Et pourtant.
Y en a pas deux comme toi et j't'ai apprivoisé, avec les années.
Faut d'ailleurs reconnaître que tu t'es un peu arrangé avec le temps.
On m'a même parfois complimentée, alors que j'y suis pour rien.
Et puis.
Si j'veux pouvoir encore prétendre que j'essaie de comprendre les autres, de les aider, de les aimer, tu restes mon seul médium pour passer de la théorie à l'humanité.
Alors.
J'vais être moins méchante, promis.
Moins exigeante aussi.
J'vais te faire ressentir des trucs dont j'ai même pas encore idée, je t'offrirai pas au premier venu, je t'armerai un peu mieux contre le dehors au lieu de m'enorgueillir de ta force de moineau et de tes vertiges.
Parce que j'en ai marre de penser qu'à moi.
Il est temps qu'on discute et surtout que j'écoute. Ou presque. °
[...]
° Je sais pas t'aimer.
Il doit manquer ça dans mon éducation, c'est peut-être une histoire de religion, peut-être qu'on a donné trop de place aux idées.
Peut-être juste une histoire de temps.
Alors je te laisse pas dormir, pour gagner des heures.
Je t'habille pas toujours assez chaud, c'est long d'assortir plusieurs couches.
Je te donne pas toujours assez à manger, des quatres étapes il n'en reste plus que deux.
Je te pince, je t'arrache tes imperfections avec les ongles, les traitements mettent des semaines avant d'agir.
Je t'écoute pas quand tu te plains, quand tu dis que ça fait mal, c'est pas en ralentissant que ce sera moins douloureux.
Je te soigne le moins possible, quand ça peut vraiment pas passer tout seul, quand je risque de passer une journée au lit.
Je te force à faire des trucs sans que t'en retires aucun plaisir, juste pour savoir ce que ça fait, ajouter ça à ma liste des choses accomplies avant de mourir.
[De cendres et de terre]
C'est ta faute si on n'est pas éternels.
Et pourtant.
Y en a pas deux comme toi et j't'ai apprivoisé, avec les années.
Faut d'ailleurs reconnaître que tu t'es un peu arrangé avec le temps.
On m'a même parfois complimentée, alors que j'y suis pour rien.
Et puis.
Si j'veux pouvoir encore prétendre que j'essaie de comprendre les autres, de les aider, de les aimer, tu restes mon seul médium pour passer de la théorie à l'humanité.
Alors.
J'vais être moins méchante, promis.
Moins exigeante aussi.
J'vais te faire ressentir des trucs dont j'ai même pas encore idée, je t'offrirai pas au premier venu, je t'armerai un peu mieux contre le dehors au lieu de m'enorgueillir de ta force de moineau et de tes vertiges.
Parce que j'en ai marre de penser qu'à moi.
Il est temps qu'on discute et surtout que j'écoute. Ou presque. °
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