J'suis de la daube, ou presque.
[...]
° Ou un p.a.t.c.h.w.o.r.k, ou un trou noir. J'ai le syndrome de l'éponge quoi, vous voyez ?
C'est parce que... j'y peux rien. J'ai besoin de tout, du hurlement à l'extase. Comme Oskar dans Extrêmement fort et incroyablement près, je ressens toutes les émotions simultanément, pas pour les mêmes raisons.
Quand quelqu'un fait quelque chose d'impressionnant, d'inhabituel, d'étrange, de beau, il faut le comprendre et ça passe forcément par l'appropriation partielle.
C'est + fort que tout. Et ça paradoxe, pire (ou mieux), ça se contredit. On peut avoir envie et peur à la même seconde, s'en moquer et savoir que c'est essentiel. On peut haïr pour mieux sentir qu'on aime. Puisque deux avis contradictoires peuvent être défendus, pourquoi ne pourraient-ils être pensés simultanément ? Mais comment expliquer ça, alors que les mots, les précieux mots, ne savent que trancher, il faut bien que l'un vienne avant l'autre.
Et pourtant, pourtant, vous comprenez peut-être un peu, parce que les failles des mots n'enlèvent pas leur force, qui s'additionnent.
Voilà pourquoi j'aime les mots. Pour l'intensité qu'ils savent garder et faire exploser dans les pensées.
[Dans le tram, j'ai lu le chapitre de JS Foer avec l'interview de la mère de Masako, j'ai lu la peau qui fond à cause du champignon en gare d'Hiroshima, j'ai lu "Je ne veux pas mourir" alors que ses muscles à vif se désagrégeaient sous les yeux de sa mère, il n'y a pas besoin d'images pour écorcher les pensées au point d'avoir envie de vomir. Avez-vous conscience que vos cauchemars, vos douleurs n'atteindront jamais cette horreur absolue ?]
Je ne sais plus pourquoi Cham m'a parlé du patchwork.
Elle dit que les autres gens ne sont pas contradictoires.
Est-ce vrai ?
J'pourrais dire que je m'en fous, que ça me permet juste de nouvelles expériences, que j'garde la tête sur les épaules, mais en même temps j'me sens happée par l'attirance de l'inconnu, par l'original, j'pourrais tout envoyer valser dans un éclat de rire et sombrer dans la confortable folie.
Tout à la fois.
Ressentir le monde. Et le comprendre. Ou presque.°
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° Ou un p.a.t.c.h.w.o.r.k, ou un trou noir. J'ai le syndrome de l'éponge quoi, vous voyez ?
C'est parce que... j'y peux rien. J'ai besoin de tout, du hurlement à l'extase. Comme Oskar dans Extrêmement fort et incroyablement près, je ressens toutes les émotions simultanément, pas pour les mêmes raisons.
Quand quelqu'un fait quelque chose d'impressionnant, d'inhabituel, d'étrange, de beau, il faut le comprendre et ça passe forcément par l'appropriation partielle.
C'est + fort que tout. Et ça paradoxe, pire (ou mieux), ça se contredit. On peut avoir envie et peur à la même seconde, s'en moquer et savoir que c'est essentiel. On peut haïr pour mieux sentir qu'on aime. Puisque deux avis contradictoires peuvent être défendus, pourquoi ne pourraient-ils être pensés simultanément ? Mais comment expliquer ça, alors que les mots, les précieux mots, ne savent que trancher, il faut bien que l'un vienne avant l'autre.
Et pourtant, pourtant, vous comprenez peut-être un peu, parce que les failles des mots n'enlèvent pas leur force, qui s'additionnent.
Voilà pourquoi j'aime les mots. Pour l'intensité qu'ils savent garder et faire exploser dans les pensées.
[Dans le tram, j'ai lu le chapitre de JS Foer avec l'interview de la mère de Masako, j'ai lu la peau qui fond à cause du champignon en gare d'Hiroshima, j'ai lu "Je ne veux pas mourir" alors que ses muscles à vif se désagrégeaient sous les yeux de sa mère, il n'y a pas besoin d'images pour écorcher les pensées au point d'avoir envie de vomir. Avez-vous conscience que vos cauchemars, vos douleurs n'atteindront jamais cette horreur absolue ?]
Je ne sais plus pourquoi Cham m'a parlé du patchwork.
Elle dit que les autres gens ne sont pas contradictoires.
Est-ce vrai ?
J'pourrais dire que je m'en fous, que ça me permet juste de nouvelles expériences, que j'garde la tête sur les épaules, mais en même temps j'me sens happée par l'attirance de l'inconnu, par l'original, j'pourrais tout envoyer valser dans un éclat de rire et sombrer dans la confortable folie.
Tout à la fois.
Ressentir le monde. Et le comprendre. Ou presque.°
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