The omitted part, ou presque.

Publié le par Lisa Dawn

[...]

° Sur les bons conseils de RJF, je suis en train de lire Paris est une fête, d'Hemingway. Acheté aux Etats-Unis, ça donne A moveable Feast.

Ce qui est intéressant, c'est de connaître les endroits dont il parle, du moins de les connaître tels qu'ils sont aujourd'hui, un siècle ou presque après les évènements racontés (il a écrit en 1979 mais il y parle de sa vie à Paris dans les années 1920).

Mais il y a des passages qui ne nécessitent absolument pas de s'être promené dans le jardin du Luxembourg à la tombée de la nuit, d'habiter à côté de la rue de Seine ou d'être passé devant Les Deux Magots quotidiennement pendant 2 ans pour être appréciés.

Par exemple, ce passage, où il boit une bière à la brasserie Lipp en pensant à un romain qu'il a écrit :

"It was a very simple story called "Out of Season" and I had omitted the real end of it which was that the old man hanged himself. This was omitted on my new theory that you could omit anything if you knew that you omitted and the omitted part would strengthen the story and make people feel something more than they understood."

En fait je n'avais jamais pensé qu'on pouvait écrire une histoire en faisant exprès de ne pas en raconter des morceaux. Dans ma conception intuitive du roman, au contraire, il faut en dire le + possible pour que le lecteur puisse bien se représenter les choses.

Mais finalement il y a plein de romans que j'ai lus et dont, une fois la lecture finie, on sent qu'ils veulent dire bien davantage que ce qui y est écrit. Sans pouvoir toujours mettre des mots dessus. Est-ce que c'est de ce sentiment de flottement, mêlé de gravité impalpable, dont parle Hemingway ?

Ce même sentiment, à la fin de certains films, surtout ceux dont "on ne connaît pas la fin", qui s'arrêtent alors qu'on attend encore le dénouement. Beaucoup de gens détestent que les cinéastes fassent ça. J'adore ça. Pendant longtemps j'ai pensé qu'ils faisaient ça pour nous laisser libre de choisir. Pour nous laisser compléter l'histoire selon notre propre personnalité, notre propre ressenti. Si on est de bonne humeur, on décide que le héros s'en sort. Sinon on considère qu'il va mourir, ou toute autre chose assez désagréable.

Mais finalement, je crois qu'ils savent très bien comment finit leur film. Et qu'ils nous laissent le ressentir, à partir de tous les instants qui ont été filmés auparavant.

Malheureusement là tout de suite je n'ai pas d'exemple en tête. Sauf peut-être Lost in translation. Mais ça fait trop longtemps que je l'ai vu.

J'ai perdu l'habitude de trouver une chute en ou presque, alors j'en fais pas. Ou presque. °

[...]

Publicité

Publié dans Presque réfléchi

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
<br /> Ahahahah coucou le lapsus calami, ligne 9, "romain" à la place de "roman"...<br /> <br /> <br />
Répondre