Ohlala n°43 (Apple Store & Barnes & Noble, capitalism vs. intellectualism)

Publié le par Lisa Dawn

 


Découverte de l'un des Apple Store de New York pour cause de Mac qui refuse d'installer Quick Time Pro.
Un Apple Store, c'est immense, c'est tout en verre, c'est au sous-sol qu'on attend sur des tables immenses couvertes de mac à disposition avant d'exposer son problème au technicien, après avoir pris rendez-vous - i.e. rempli un formulaire nom-prénom-adresse mail qui permet d'être appelé par son prénom quand un technicien est libre. Et partout, il y a une lumière irréelle qui donne l'impression que les contours des gens sont + nets que dans la réalité et que vous avez basculé dans un jeu vidéo géant (heureusement, aucun guerrier de l'espace ne débarque brusquement pour anéantir le capitalisme, parce que j'ai jamais réussi à viser correctement avec les fusils à lunette - et les revolvers ça se recharge trop lentement, je me fais descendre avant d'avoir réussi à les toucher à la tête).
Sur le chemin du retour, petit arrêt chez Barnes & Noble, immense chaîne de librairies. Ce qui est merveilleux avec les librairies, c'est qu'elles se ressemblent toutes, partout, les catégories sont les mêmes, le silence-qui-n'en-est-pas est le même, l'ordre alphabétique est le même. La seule différence, c'est qu'ici on peut brader les livres comme on veut. Ce qui me fait toujours un peu bizarre, je me souviens quand j'avais découvert en Angleterre des "lots" de livres en solde, type "tout à 2£".
Là on peut parler de gros choc culturel.
Oui bon ok j'ai des sensibilités un peu spéciales.
Mais comprenez, les livres c'est ma 2e religion (après l'amour, ouuuuuh carte postale carte postaaaaaleuh - hum reprenons-nous).
Un livre, pour moi, est une infime parcelle de l'immense concept sacré de "livre".
Un livre ne peut, en aucun cas, en ma présence, être corné, jeté par-terre, pas même laissé ouvert à l'envers, pour moi c'est l'équivalent d'un acte de barbarie, on torture son dos, d'ailleurs il peut même garder des cicatrices qui ne partiront jamais après un tel traitement. Je suis très sérieuse. Tout ce qui altère l'intégrité physique d'un livre est à mes yeux un sacrilège. Je vous laisse donc imaginer ce que je pense de quelqu'un qui serait capable de brûler un livre ou PIRE de le STABILOTER. AAAAAH. (oui Matthias, je pense à toi, mais je sais que tu n'es pas le seul)
Alors passer rien que 10 minutes dans cette librairie immense était l'une des choses les + apaisantes qui me soit arrivées depuis que je suis aux Etats-Unis - quoique je ne suis vraiment pas du tout en état de stress, je trouve ma vie actuelle beaucoup + équilibrée et sereine que celle que j'ai à Paris quand je suis étudiante.
J'ai enfin acheté A Moveable Feast (Paris est une fête), d'Hemingway.
J'ai aussi racheté The History of Love (L'histoire de l'amour), de Nicole Krauss, que j'ai lu en français et que j'ai adoré mais que j'ai oublié en France. Or ça se passe à New York, donc j'ai envie de le relire en y étant.
Par contre juste à côté de The History of Love il y avait ceci :

Je pense que seule Anne-Sophie fait partie des lecteurs capables de pousser un glapissement d'horreur à la vue de ceci, alors je suis casse-dédi l'allusion (et je lui fais un hug pour me faire pardonner de lui avoir infligé la réminiscence d'un tel souvenir).
Et puis j'ai acheté deux livres à 5$, c'est-à-dire bradés à 66%. Ce qui me gêne en tant que pratiquante de la Religion du Livre, mais arrange bien mon petit porte-monnaie et mon côté radin (je vis entourée de juifs, il faut bien que je m'intègr...... ok j'ai rien dit). Ceci dit, autant je trouve ça super de pouvoir acheter des bouquins en anglais pour pas trop cher (alors qu'ils sont hors de prix en France), autant je serais totalement opposée au fait qu'on puisse faire de tels prix sur les livres en France - sauf si ça amenait davantage de gens à en acheter, mais j'en doute sérieusement, d'ailleurs chez Barnes & Noble il n'y avait à peu près personne, certes on était en plein aprèm en semaine, mais ça ne me semble pas une solution pour "sauver le monde de l'édition". Par contre c'est vrai que personnellement je me mettrais à acheter au moins un livre par semaine si j'en trouvais à 4 euros en France (je sais que ça existe, mais ils font moins de 100 pages, là je vous parle de vrais bouquins).
Ahahah je viens de trouver un titre trop snob pour cet article. Bon pour vous c'est pas une surprise, vous l'avez lu dès le début, mais je trouve ça très marrant tellement c'est prétentieux - et infondé puisque je ne confronte absolument pas les 2 modes de fonctionnement d'Apple et B&N.
Dernière chose et après j'arrête parce que cet article commence à être drôlement long : aujourd'hui j'ai cru que j'allais devoir téléphoner à Ustream pour leur demander commander louer leur matériel de streaming en extérieur pour un événement qu'on organise mi-novembre. Angoisse. J'ai aucun problème avec les téléphones en France mais essayer d'appeler quelqu'un en anglais alors que déjà en face des gens il me faut user de force grimaces et gestes éloquents pour me faire comprendre, c'était une perspective tout à fait terrifiante.
Heureusement :
- j'ai trouvé une adresse e-mail pour les relancer sans avoir à ouvrir la bouche.
- ils n'ont pas de numéro de téléphone.
Et la bonne nouvelle c'est qu'ils m'ont répondu ce soir en me demandant de préciser quand je suis joignable pour voir exactement de quoi j'ai besoin pour organiser mon "event". Donc demain matin je vais faire suivre cette réponse grandiose, enthousiasmante et super-rapide à Molly qui va leur répondre elle-même puisque c'est ELLE qui sait de quoi elle a besoin.
Et au cas où vous vous poseriez perspicacement la question, oui, je consulte mes mails professionnels le soir chez moi. Et si vous trouvez ça chelou/inquiétant/signe que j'ai pas de vie, eh ben je m'en fous, parce que j'aime mon stage !
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