Négatif, ou presque.
[...]
° Tout à l'heure après avoir commencé l'exposé d'IP, je suis retournée au Labo, quand on aime on ne compte pas.
Pour les résultats de la prise de sang. Qui commençaient à m'angoisser, avouons-le.
Il suffit d'être une fois confronté à "ça n'arrive pas qu'aux autres" pour prendre la vie beaucoup + au sérieux.
Et la secrétaire marrante m'a donné l'enveloppe. Elle a pas dit "Patientez". Donc j'me suis sentie mieux.
Sauf que dans l'escalier, j'ai regardé les résultats et c'étaient ceux de l'autre analyse. Celle pas du sang.
Alors je suis retournée dans le cabinet et cette fois ma tête essayait de me persuader que tous les murs, y compris le sol, gigotaient tels des hyènes hilares.
Et je lui ai dit qu'il devait manquer un papier.
Alors elle a cherché et elle me l'a donné.
Elle a pas dit "Patientez".
Mais les murs rigolaient toujours. Et mes jambes aussi.
J'me suis demandé à qui je le dirais en premier, si... . A Cat'. Et puis si je le dirais à mes parents. Si je leur dirais dès ce soir, ou le lendemain, ou... . Ensuite j'me suis dit qu'il fallait d'abord savoir, avant de paniquer.
Dans l'escalier, j'ai rouvert l'enveloppe.
Y avait marqué "INFECTION" mais c'était juste la facture qui confirmait le dépistage de l'infection. L'escalier s'est mis à gondoler alors j'ai descendu les dernières marches.
La feuille suivante, c'était la feuille de sérologie. Et y avait écrit NEGATIF. Je l'ai lue 4 ou 5 fois dans le couloir mal éclairé, vérification du nom, de la date de naissance, de l'heure et des petites écritures en bas.
Après ça j'ai tiré sur le loquet et y avait du soleil dehors. Et la Seine brillante, dans laquelle je ne me jetterai pas (car je n'ai jamais été jetée par une reine que j'avais aimé plus que les hommes que j'aime).
La Belette m'avait envoyé un sms et je lui ai dit que c'était réciproque.
Puis j'ai pas envoyé "." à Cat'.
C'était tellement bon de sentir que toutes les autres analyses étaient sans importance.
2 mètres plus loin c'était la librairie Gibert où je me transformerai en vendeuse débutante de livres scolaires d'août à septembre prochains °en septembre je porterai même le T-shirt jaune mythique, héhé°. La porte automatique s'est ouverte alors j'ai acheté deux bouquins de psychanalyse et de psychologie pathologique, parce que ça fait des années que je prétends qu'un jour je m'y plongerai et que je le fais pas.
A la caisse la vendeuse me regardait avec l'air de vouloir dire quelque chose. J'avais un sourire au bord du rire alors j'ai pensé qu'elle devait juste me prendre pour une folle. Et puis elle a tellement voulu dire quelque chose qu'elle l'a dit : "Les cerises, elles sont vraiment super, on dirait des vraies, ça donne envie !" J'ai ri pour de bon et je lui ai dit où je les avais achetées.
Rue Mazarine brusquement y a eu plein de bulles de savon. Origine non-identifiée, mais dans le soleil c'était beau. Y avait des morceaux de tapis rouge un peu partout sur les trottoirs, parce qu'en ce moment y a toutes les galeries d'art du quartier qui sont ouvertes, ce qui fait passer Saint-Germain en mode piéton chaque fin de journée °ce qui supprime les klaxonnages hystériques pendant quelques heures, gloire aux rues étroites et aux sens interdits°.
En fait ce que j'voulais vous dire, c'est que j'suis heureuse, que frôler les problèmes ça fait réfléchir, que "éplucher" c'est moche comme mot mais que le soleil c'est la meilleure invention du monde. Ou presque. °
[...]
° Tout à l'heure après avoir commencé l'exposé d'IP, je suis retournée au Labo, quand on aime on ne compte pas.
Pour les résultats de la prise de sang. Qui commençaient à m'angoisser, avouons-le.
Il suffit d'être une fois confronté à "ça n'arrive pas qu'aux autres" pour prendre la vie beaucoup + au sérieux.
Et la secrétaire marrante m'a donné l'enveloppe. Elle a pas dit "Patientez". Donc j'me suis sentie mieux.
Sauf que dans l'escalier, j'ai regardé les résultats et c'étaient ceux de l'autre analyse. Celle pas du sang.
Alors je suis retournée dans le cabinet et cette fois ma tête essayait de me persuader que tous les murs, y compris le sol, gigotaient tels des hyènes hilares.
Et je lui ai dit qu'il devait manquer un papier.
Alors elle a cherché et elle me l'a donné.
Elle a pas dit "Patientez".
Mais les murs rigolaient toujours. Et mes jambes aussi.
J'me suis demandé à qui je le dirais en premier, si... . A Cat'. Et puis si je le dirais à mes parents. Si je leur dirais dès ce soir, ou le lendemain, ou... . Ensuite j'me suis dit qu'il fallait d'abord savoir, avant de paniquer.
Dans l'escalier, j'ai rouvert l'enveloppe.
Y avait marqué "INFECTION" mais c'était juste la facture qui confirmait le dépistage de l'infection. L'escalier s'est mis à gondoler alors j'ai descendu les dernières marches.
La feuille suivante, c'était la feuille de sérologie. Et y avait écrit NEGATIF. Je l'ai lue 4 ou 5 fois dans le couloir mal éclairé, vérification du nom, de la date de naissance, de l'heure et des petites écritures en bas.
Après ça j'ai tiré sur le loquet et y avait du soleil dehors. Et la Seine brillante, dans laquelle je ne me jetterai pas (car je n'ai jamais été jetée par une reine que j'avais aimé plus que les hommes que j'aime).
La Belette m'avait envoyé un sms et je lui ai dit que c'était réciproque.
Puis j'ai pas envoyé "." à Cat'.
C'était tellement bon de sentir que toutes les autres analyses étaient sans importance.
2 mètres plus loin c'était la librairie Gibert où je me transformerai en vendeuse débutante de livres scolaires d'août à septembre prochains °en septembre je porterai même le T-shirt jaune mythique, héhé°. La porte automatique s'est ouverte alors j'ai acheté deux bouquins de psychanalyse et de psychologie pathologique, parce que ça fait des années que je prétends qu'un jour je m'y plongerai et que je le fais pas.
A la caisse la vendeuse me regardait avec l'air de vouloir dire quelque chose. J'avais un sourire au bord du rire alors j'ai pensé qu'elle devait juste me prendre pour une folle. Et puis elle a tellement voulu dire quelque chose qu'elle l'a dit : "Les cerises, elles sont vraiment super, on dirait des vraies, ça donne envie !" J'ai ri pour de bon et je lui ai dit où je les avais achetées.
Rue Mazarine brusquement y a eu plein de bulles de savon. Origine non-identifiée, mais dans le soleil c'était beau. Y avait des morceaux de tapis rouge un peu partout sur les trottoirs, parce qu'en ce moment y a toutes les galeries d'art du quartier qui sont ouvertes, ce qui fait passer Saint-Germain en mode piéton chaque fin de journée °ce qui supprime les klaxonnages hystériques pendant quelques heures, gloire aux rues étroites et aux sens interdits°.
En fait ce que j'voulais vous dire, c'est que j'suis heureuse, que frôler les problèmes ça fait réfléchir, que "éplucher" c'est moche comme mot mais que le soleil c'est la meilleure invention du monde. Ou presque. °
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