Les nuits parisiennes et le reste, ou presque.
[...]
° Lundi, le soleil a éclairé l'immeuble d'en face d'une couleur si estivale que mon souffle s'est suspendu un instant.
Ces moments si précieux parce qu'indescriptibles, vraiment, intimes.
L'euphorie est de retour. A quand l'hystérie ?
Pour arranger mon cas, j'ai relu des passages, de correspondance en correspondance, tous ces non-dits délicieux criaient de nouveau, à moi aussi ça fait du bien, si ce n'était pas ironique.
A ce propos, j'ai tendance à voir de l'ironie dans la sincérité, trop souvent.
Et un jour peut-être j'vous montrerai tous les mots que j'ai gardés silencieusement sous la peau, par peur de la fuite face à ma philosophie à fleur du mal, à fleur de peau.
Mais tout ça c'est de la construction stylistique, trop attive. Ou pas assez.
Parlons de l'euphorie.
Celle qui fait sourire avec condescendance ceux qui vont mal.
Celle qui fait rire quand les dreads envahissent l'espace et cherchent des parallélipipèdes rectangles.
Celle qui fait repousser l'heure du retour, parce que c'est tellement bon de savoir que ce qu'on fait est indécent.
Celle qui fait rentrer pieds nus à 4h24 sur les trottoirs parisiens, sautiller sur les bandes blanches des passages piétons, parce que la route c'est rugueux, trouver le bois de l'escalier tout doux, avoir la voix grave des lendemains de nuit presque blanche.
Celle qui fait chanter dans la rue, parler à ceux qui y vivent.
Tu sais, l'euphorie, c'est quand tu trouves ça pas grave d'avoir mal partout le lendemain, quand tu fais passer tes amis avant tes exposés et tes interros d'histoire, quand tu t'en fous des pauvres interros surprise de cette prof qui a décidé de répondre à la bêtise par la haine, quand t'apprends que tu vas sûrement bosser dans ta librairie préférée cet été, quand tu te sens devenir parisienne et tu te jure de pas devenir méprisante malgré ça. C'est aussi acheter tous les bouquins sur Oscar Wilde dont t'entends parler.
Aujourd'hui j'ai dansé avec un futur ingénieur aux cheveux trop courts, j'ai perdu le ticket du vestiaire, j'ai dormi 4 heures, j'ai reçu une lettre, j'ai découvert le prix Interalliés, j'ai répondu trop vite à un sms, j'ai retiré les places pour le concert de La Rue Kétanou samedi prochain, j'ai acheté une écumoire qui tire la langue et un muffin double chocolat au Starbucks de la Rue Saint-André-des-Arts, j'ai trouvé un deuxième mot de vocabulaire pour le cours d'utopie, j'ai appelé mon frère "mon p'tit Schweppes Pêch'", j'ai regardé quels mots m'amènent des visiteurs ("être marrant" ?? / "blogs marrants pour découvrir Paris" ah. / "empreintes de pattes de phoques" ahahaah !).
L'euphorie, c'est penser sans arrêt que la vie est trop courte et hurler de toutes ses forces que c'est pour ça qu'on l'aime.
Être euphorique c'est avoir de la chance à en devenir folle et en être consciente.
Ou presque. °
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° Lundi, le soleil a éclairé l'immeuble d'en face d'une couleur si estivale que mon souffle s'est suspendu un instant.
Ces moments si précieux parce qu'indescriptibles, vraiment, intimes.
L'euphorie est de retour. A quand l'hystérie ?
Pour arranger mon cas, j'ai relu des passages, de correspondance en correspondance, tous ces non-dits délicieux criaient de nouveau, à moi aussi ça fait du bien, si ce n'était pas ironique.
A ce propos, j'ai tendance à voir de l'ironie dans la sincérité, trop souvent.
Et un jour peut-être j'vous montrerai tous les mots que j'ai gardés silencieusement sous la peau, par peur de la fuite face à ma philosophie à fleur du mal, à fleur de peau.
Mais tout ça c'est de la construction stylistique, trop attive. Ou pas assez.
Parlons de l'euphorie.
Celle qui fait sourire avec condescendance ceux qui vont mal.
Celle qui fait rire quand les dreads envahissent l'espace et cherchent des parallélipipèdes rectangles.
Celle qui fait repousser l'heure du retour, parce que c'est tellement bon de savoir que ce qu'on fait est indécent.
Celle qui fait rentrer pieds nus à 4h24 sur les trottoirs parisiens, sautiller sur les bandes blanches des passages piétons, parce que la route c'est rugueux, trouver le bois de l'escalier tout doux, avoir la voix grave des lendemains de nuit presque blanche.
Celle qui fait chanter dans la rue, parler à ceux qui y vivent.
Tu sais, l'euphorie, c'est quand tu trouves ça pas grave d'avoir mal partout le lendemain, quand tu fais passer tes amis avant tes exposés et tes interros d'histoire, quand tu t'en fous des pauvres interros surprise de cette prof qui a décidé de répondre à la bêtise par la haine, quand t'apprends que tu vas sûrement bosser dans ta librairie préférée cet été, quand tu te sens devenir parisienne et tu te jure de pas devenir méprisante malgré ça. C'est aussi acheter tous les bouquins sur Oscar Wilde dont t'entends parler.
Aujourd'hui j'ai dansé avec un futur ingénieur aux cheveux trop courts, j'ai perdu le ticket du vestiaire, j'ai dormi 4 heures, j'ai reçu une lettre, j'ai découvert le prix Interalliés, j'ai répondu trop vite à un sms, j'ai retiré les places pour le concert de La Rue Kétanou samedi prochain, j'ai acheté une écumoire qui tire la langue et un muffin double chocolat au Starbucks de la Rue Saint-André-des-Arts, j'ai trouvé un deuxième mot de vocabulaire pour le cours d'utopie, j'ai appelé mon frère "mon p'tit Schweppes Pêch'", j'ai regardé quels mots m'amènent des visiteurs ("être marrant" ?? / "blogs marrants pour découvrir Paris" ah. / "empreintes de pattes de phoques" ahahaah !).
L'euphorie, c'est penser sans arrêt que la vie est trop courte et hurler de toutes ses forces que c'est pour ça qu'on l'aime.
Être euphorique c'est avoir de la chance à en devenir folle et en être consciente.
Ou presque. °
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