Pince-sans-rire, ou presque.
° Ouaiiis demain je retourne en couuurs. Trop top. Trop cool.
J'suis rentrée à Paris, il fait 17°C dans le studio parce que j'avais coupé le chauffage (faites moi penser à partir dans un pays traversé par l'équateur quand je serai en 3e année).
Alors pour égayer un peu la soirée - que je ferais mieux d'abréger parce que demain héhéhé je retrouve Nap III à 9h - eh ben donc pour égayer la soirée j'ai ressorti mes cours d'IP de 1er semestre. Oui parce qu'on reprend aussi les conf' d'IP demain.
Mais en fait il est trop bien ce cours.
Parce que le prof, il a une approche très personnelle de sa matière.
Et heureusement, parce que le cours de Dudu, on doit le récupérer sur internet et il date de l'an dernier. Intelligent après une révision constitutionnelle en juillet dernier. Mais zenfin. Le + croustillant c'est quand même son cours d'actu de 17h à 18h.
Dès la deuxième séance, le mec au rang devant moi en était à demander à voix haute : "Eh c'est quoi les p'tits trucs noirs dans les lampes, au plafond ?". Et laissez-moi vous dire que ça a choqué personne, on a même trouvé ça intéressant et pertinent comme question.
Bon bon bon, le temps tourne, entrons dans le vif du sujet.
M'sieur Pince-Sans-Rire il est trop marrant, surtout parce qu'il dit ses trucs marrants avec l'air super sérieux du mec qui a bien conscience du cas de conscience qu'il expose.
"Avoir le poids de l'humanité sur ses épaules, déjà que c'est pas facile pour nous, imaginez pour un nain...
Quand vous êtes député IDF, bon, la chasse, à la limite bois de Boulogne, bois de Vincennes à certaines heures de la nuit... Mais dans les départements + ruraux, allez jouer à l'écologiste, c'est pas du courage politique, c'est du courage physique.
Alors en France on s'est fait rappeler à l'ordre par la Cour Européenne pour torture à cause d'une garde à vue un peu musclée d'un dealer de drogue, y a quelques années. Ceci dit au Royaume-Uni, quelques décennies + tôt, les opposants irlandais, on les gardait pendant des jours, les yeux bandés, et puis pendant les interrogatoires on les pendait. Sans aller jusqu'à la mort, attention. Mais bon, vous le pendez, vous le dépendez, vous le pendez, vous le dépendez, au bout d'un moment, c'est lassant, mais si ça c'est pas de la torture...
Pendant la campagne présidentielle, le temps de parole est strictement mesuré pour rester le même pour chaque candidat. Dès lors, faut-il donner un statut particuler au compagnon ou à la compagne du président ? Quand vient la femme du Président avec ses pièces jaunes et son judoka hydrophile... on déclenche le chrono ou pas ?
A propos de la peine de mort aux USA, Barack Obama est plutôt favorable à un "séquençage" du droit. En gros on le pourrait prononcer la peine de mort qu'en cas de meurtre d'enfant ou de vieillard. Bon, ceci dit, que vous tuiez une personne âgée ou de 40 ans, le résultat n'est pas très différent.
Le lobbying et la représentation des groupes est interdite en France. Résultat on est plutôt mauvais pour avoir les JO.
Tous les ans le Président des USA fait un discours. Vous vous doutez bien que le propos est légèrement, c'est un euphémisme, orienté.
Les Lords anglais se sont opposés à des réformes d'une importance politique dont je vous laisse seul juge : l'interdiction de la chasse à cour et la fessée. A propos de la fessée, la loi prévoyait qu'elle était acceptable jusqu'à ce que la fesse soit bleue. Bon ça c'est pour les enfants, après à la majorité vous faites ce que vous voulez.
Toujours à propos de cette chambre des Lords, on est manifestement en présence d'un archaïsme séculaire. Mais si vous dites ça comme ça à l'oral, on peut vous taxer d'impertinence.
Pinochet avait fait appel jusqu'à la Chambre des Lords, ils ont eu pitié de ce vieillard mourrant alors ils l'ont renvoyé dans son pays et arrivé là-bas, ça doit être un miracle de l'air du Chili, il remarchait ! Bon ils se sont sentis un peu roulés, les Lords.
Le problème de la démocratie représentative c'est le fossé qui se creuse entre le peuple et les élus, par exemple c'est tante Yvonne De Gaulle qu'est contre la mini-jupe.
En Europe, on assiste à une vaste réorganisation des collectivités territoriales. La commission Attali a proposé la suppression de certains départements. Y en a un peu trop. De toute façon on a un peu trop de tout en France. Donc y a des départements avec une forte densité de population, qui fonctionnent bien, on les garde. Et puis y a des pustules, comme l'Alsace. Pareil au centre, y a qu'de la fougère, des vaches... J'y connais rien, j'peux m'permettre.
Pour les mises en détention provisoires, on a collégialisé la décision (on peut avoir une tête qui ne revient pas au juge d'instruction, les relations humaines sont ainsi faites).
Bon lui, il est un peu dans le même cas que le directeur du FMI... il a une vie personnelle remplie.
Alors on fait parler les maccabées
Ce qui est marrant aussi avec l'IP c'est les mots imprévus.
Le Président peut pas dire "bon je dératifie" [Euh le truc avec les souris ?]
C'est la jus sanguini. [Du jus de sang ?!?]
Juan Carlos d'Espagne est un Bourbon. [ça fait alcoolique tu trouves pas ?]
- Mais monsieur, aux Etats-Unis on parle pas de Noirs, on parle de la communauté Afro-Américaine...
- Oui bon, ça c'est juste de la pudibonderie sémantique mal placée.
Comme c'est long, 2h, des fois on s'écrit des mots.
Par exemple, au dos de la fiche technique sur le contrôle de constitutionnalité.
M. : Il a une cravate tricotée.
S. : Putain t'es con, maintenant jpeux plus le regarder sinon j'vais vérifier et j'vais exploser de rire.
Ses expressions favorites :
Faut pas être totalement dupe.
Faut pas vous leurrer.
Là on marche sur la tête.
Y avait un côté "peste ou choléra ?"...
Bon si vous espérez mettre en place une démocratie directe dans un pays de la taille de la France, vous vous destinez à d'abyssales désillusions.
Et ce qu'on aime bien, avec M'sieur PSR, c'est quand il nous raconte ses expériences personnelles :
Si on est intéressé par le droit, mieux vaut prendre du droit civil et pénal en options. Les étudiants des fac de droit sont + forts que les étudiants de ScPo sur ça, par contre on les distance en culture G. J'ai eu la chance d'assister à certains passages mémorables. Par exemple au moment du grand oral, "pouvez-vous nous parler de la rafle du Vel d'Hiv ?" et la jeune fille, au lieu de reconnaître qu'elle n'en savait rien, répond : "Oui c'est une fête juive.". Le jury a répondu "oui en effet ça a été leur fête", elle a pas dû comprendre.
Une autre fois : "Pour qui Le Prince de Machiavel a-t-il été écrit ?" "Mussolini".
On va dire que c'est le stress.
On passe aussi des tests psychologiques. "Etes-vous suicidaire ?" "Avez-vous peur du noir ?"
Ils ont rachetés les tests à la SNCF.
On s'est donc quittés sur quelques conseils pour l'oral :
Au moment de l'oral, vaut mieux s'en tenir à la théorie couramment acceptée, après en tant que citoyen éclairé vous n'en pensez pas moins mais faut pas s'exposer.Quand vous évoquez un auteur, faut pas dire que c'est un abruti fini et que seul vous détenez la vérité... Vous pouvez être convaincu de votre potentiel mais faut y mettre les formes.
Au moment de l'oral, il va vous poser une question sur un ton que vous jugez revêche, n'entrez pas dans une atmosphère d'animosité ambiante. Vous construisez votre plan, vous exposez un peu les concepts théorique et là vient le MAIS. Le "mais", c'est la Lumière qui s'abat.
Et puis surtout, n'y allez pas comme si c'était le peloton d'exécution !" Ou presque. °
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