Détachée, ou presque.
[...]
° Rentrer chez soi, et se demander si c'est encore chez soi.
Sans douleur, sans horreur.
Faire son sac, fermer la porte et ne pas savoir si on rentre à la maison ou si on en part.
Une fois qu'on y est, c'est moins terrifiant que prévu.
"Larguer les amarres", c'est comme ça qu'on dit, non ?
J'ai toujours préféré nager trop loin du bord, là où on sait que c'est + profond des orteils au sable que des talons à la surface.
N'être plus que de passage là où était le repère intangible.
Et n'être plus très sûre que ce soit si terrible.
Quant à l'avenir, on n'en sait rien. Faut juste espérer qu'il n'est pas trop prévisible.
Parfois ça sonne comme un reproche, de ceux qu'on ne formule jamais.
Tout va bien et ça continuera quoi que tu prétendes, voilà ce que tu penses. Pourtant j'ai rien demandé, rien fait pour. C'est d'autant + écoeurant, lecteur, je te l'accorde.
Au-delà des critères objectifs, il y a des valeurs et des rêves. Et des cauchemars.
C'est quoi la liberté ? Elle est où dans tout ça ?
Quelque chose de bien est une notion ridiculement vague.
Alors bien sûr, c'est très facile d'avoir ces arguments quand "tout va bien". Sauf que là encore, c'est une étiquette plaquée sur une théorie du bonheur satisfait. Les étiquettes ne valent rien.
Et puis si on va par là, on peut toujours trouver + invivable que chez soi :
"Mais toi, dans ton paradis tout petit
Tu te prends la tête et tu t'ennuies.
Tu sais même pas quel goût ça a la vie, là-bas
Là-bas dans la brousse y a surtout des mouches collées
Sur les yeux de ceux qui meurent de faim
Là-bas dans les rues y a des obus qui font leur marché"
Et si quelqu'un a l'impression que je me plains, il a rien compris.
Je suis heureuse comme jamais je l'ai été, mais faudrait juste éviter les amalgammes. Avoue que les chiffres sur vingt, les mètre-carrés et les comptes bancaires, même si on peut les dessiner sur de jolis graphiques qui vont dans le "bon" sens, n'ont jamais pu rivaliser avec trois amis ou un film ou des caresses ou de la vodka-sirop d'érable (ou Schweppes Agrum') et surtout des battements de coeur dans tous les sens.
Je suis heureuse et stupéfaite de l'être alors que la vie reste injuste.
Pauvre vie, comme si c'était sa faute. Elle essaie juste d'exister dans la place qu'on lui laisse entre nos idéaux et nos peurs.
Alors l'avenir, tu sais, lecteur, j'le laisse tranquille, j'attends qu'il vienne de lui-même. Ça s'apprivoise pas cette bête-là. J'lui fais confiance pour me surprendre. °
[...]
° Rentrer chez soi, et se demander si c'est encore chez soi.
Sans douleur, sans horreur.
Faire son sac, fermer la porte et ne pas savoir si on rentre à la maison ou si on en part.
Une fois qu'on y est, c'est moins terrifiant que prévu.
"Larguer les amarres", c'est comme ça qu'on dit, non ?
J'ai toujours préféré nager trop loin du bord, là où on sait que c'est + profond des orteils au sable que des talons à la surface.
N'être plus que de passage là où était le repère intangible.
Et n'être plus très sûre que ce soit si terrible.
Quant à l'avenir, on n'en sait rien. Faut juste espérer qu'il n'est pas trop prévisible.
Parfois ça sonne comme un reproche, de ceux qu'on ne formule jamais.
Tout va bien et ça continuera quoi que tu prétendes, voilà ce que tu penses. Pourtant j'ai rien demandé, rien fait pour. C'est d'autant + écoeurant, lecteur, je te l'accorde.
Au-delà des critères objectifs, il y a des valeurs et des rêves. Et des cauchemars.
C'est quoi la liberté ? Elle est où dans tout ça ?
Quelque chose de bien est une notion ridiculement vague.
Alors bien sûr, c'est très facile d'avoir ces arguments quand "tout va bien". Sauf que là encore, c'est une étiquette plaquée sur une théorie du bonheur satisfait. Les étiquettes ne valent rien.
Et puis si on va par là, on peut toujours trouver + invivable que chez soi :
"Mais toi, dans ton paradis tout petit
Tu te prends la tête et tu t'ennuies.
Tu sais même pas quel goût ça a la vie, là-bas
Là-bas dans la brousse y a surtout des mouches collées
Sur les yeux de ceux qui meurent de faim
Là-bas dans les rues y a des obus qui font leur marché"
[Y'a Maldonne, Mano Solo]
Et si quelqu'un a l'impression que je me plains, il a rien compris.
Je suis heureuse comme jamais je l'ai été, mais faudrait juste éviter les amalgammes. Avoue que les chiffres sur vingt, les mètre-carrés et les comptes bancaires, même si on peut les dessiner sur de jolis graphiques qui vont dans le "bon" sens, n'ont jamais pu rivaliser avec trois amis ou un film ou des caresses ou de la vodka-sirop d'érable (ou Schweppes Agrum') et surtout des battements de coeur dans tous les sens.
Je suis heureuse et stupéfaite de l'être alors que la vie reste injuste.
Pauvre vie, comme si c'était sa faute. Elle essaie juste d'exister dans la place qu'on lui laisse entre nos idéaux et nos peurs.
Alors l'avenir, tu sais, lecteur, j'le laisse tranquille, j'attends qu'il vienne de lui-même. Ça s'apprivoise pas cette bête-là. J'lui fais confiance pour me surprendre. °
[...]
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