De sang froid, ou presque.

Publié le par Lisa Dawn

[...]

° Forcément, comme je me réfugie ici quand ça va plus, on pourrait croire que je suis en bad trip permanent.
C'est hallucinant le nombre de chanteurs qui racontent ce genre d'histoire [La notre, pareil aux autres]. Faut croire que ça inspire, comme situation.

Les gens sont maladroits. Sans vouloir.
On veut pas grand chose en fait, dans la vie, sauf ce qu'on perd.
Quand j'suis triste, j'fais dans l'hyperbole. Et pas l'hyper bol de pâtes, comme dit l'homme en noir. Donc je raconte n'importe quoi, c'est faux on veut plein de trucs qu'on peut avoir, même si c'est pas l'impression que j'ai ces temps-ci.
Oui donc, maladroits.
Parce que l'imprimante est arrivée, mais le carton était énorme, j'avais des crampes dans les doigts et des bleus sur les cuisses. Alors il a proposé de m'aider, j'allais pas refuser, j'attendais que ça.
"Vous allez loin comme ça ?"
"C'est à deux rues."
"Rooh et le p'tit copain il pouvait pas aider ?"


Là j'aurais pu fondre en larmes, un brin hystérique mais tellement tentant.
Sauf que soit il allait me planter là, style "putain y en a marre des bonnes femmes qu'ont leurs coquelicots", soit il allait profiter de ma position de faiblesse pour me suivre jusqu'en haut de l'escalier et puis me violer.
Ouais, j'ai toujours eu beaucoup d'estime pour l'âme humaine, encore davantage depuis une semaine.

Aucune branche de l'alternative me branchait vraiment.
Alors j'ai fait la fille qui s'en fout.
"Y a plus de p'tit copain. Il est parti ya 5 jours."
Et puis pour la crédibilité j'ai ajouté une blague. A moins que ce soit la débilité.
"Il a dû sentir que l'imprimante allait arriver."
Le mec m'a assuré que ça arrivait à tout le monde et que j'aurais pas de mal à en trouver un autre.
"C'est peut-être un mal pour un bien. Et puis quand ça va plus, c'est mieux de pas s'acharner."
Putain de merde, un philosophe. J'crois que je préférais presque le serial violeur.
L'ennui c'est que ça allait très bien. L'ennui c'est que j'ai rien compris et que ça allait encore mieux avec la fille au prénom moche. Ok elle est peut-être encore + mignonne que celle qu'avait un joli prénom. Mais c'est hyper vexant de s'être focalisée sur la mauvaise personne.

Enfin bref.
Les lecteurs de ce blog doivent se morfondre atrocement.
Notez bien que je m'en fous, je parle tout le temps du même truc si je veux.
Mais je les plains, c'est pas très crousti-fondant comme thème de discussion, à moins de faire une thèse en sociologie sur les écrits post-rupture amicale "on reste amis et on s'appelle pour se donner des nouvelles.

Ceci dit, j'aurais encore moins supporté qu'on se déchire.
Putain j'suis en train de me faire une auto-psychanalyse, savourez les enfants, savourez. Je deviens grossière aussi, je parlais pas comme ça par écrit avant.
Mais bref, je disais que nan, les engueulades et les "mais il est vraiment trop con" ça m'aurait dévastée.


Quand tu te fais plaquer, ya 4 phases. On m'a expliqué ça l'autre jour.
Phase 1, tu pleures, t'en retrouveras jamais un/une pareil, ta vie est finie.
Phase 2, tu détestes l'être aimé, c'est vraiment un blaireau/une blaireaute.
Phase 3, tu souris, un immense soulagement t'envahit, tu remercies le ciel de t'avoir débarrassé de l'imbécile cité précédemment.

Phase 4, tu te demandes comment t'as fait pour rester aussi longtemps avec ce/cette malade mental.

Après c'est bon, t'es guéri, il paraît.

Comme on l'a deviné, je suis en phase 1, même si j'ai frôlé la 2 suite à ton mail-chaîne.
J'veux pas guérir de toi.
J'préfère passer des soirées à écrire ces articles de dépressive.
J'préfère regarder mon reflet dans la vitre et songer "En fait j'suis plutôt mignonne quand j'suis malheureuse."
J'préfère ne jamais rêver que tu chiales par terre et que je m'en fous, comme avec l'autre malade mental.
J'préfère m'acheter un peignoir qui me fait ressembler à un ours polaire en peluche et me dire que j'aurais bien aimé faire l'amour avec toi dedans.
J'préfère garder une mèche de tes cheveux dans mon médaillon.
Plutôt que de nier le bonheur que tu m'as offert pour quelques mois.
J'préfère même abandonner mes études pour entrer au couvent et sacrifier mon existence pour te rester fidèle. Ou presque.

°

[...]
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Publié dans Presque pas mal

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